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Une fois introduit le concept de trionfi (on ne l’appellera en France « atout » que bien plus tard) il fallait qu’il se propageât (dédicace à Gilles Ménage et à toute la bande de Port-Royal tout ça, toi-même tu sais) aux jeux de cartes normaux. On vit donc apparaître un peu partout des jeux reprenant cette idée simple mais révolutionnaire : une des quatre couleurs bat les trois autres, quelle que soit la valeur de la carte jouée. Les premiers d’entre eux reprenant, comme il se doit, le nom de leur modèle : triomphe, trump, etc.

En France, la Triomphe était répandue sur tout le territoire au point qu’on considérait qu’elle était connue de tous les joueurs de cartes. Il s’agit d’un jeu aux principes simples auquel on trouve attachées de nombreuses variantes. C’est aussi un jeu qui aura une postérité importante puisque d’autres retiendront combinées deux de ses caractéristiques : cinq cartes en main et l’obligation de remporter un pli si on le peut.

hiérarchie triomphe

Les figures sont plus fortes que toutes les cartes numérales. Il viendra un temps où As et Dix prendront leur revanche

Allez hop, voyons comment on joue à (une des versions de) la Triomphe :

Il s’agit d’un jeu de levées tout à fait classique. On y joue à deux, quatre ou six joueurs qui forment deux équipes. Les membres d’une même équipe se placent côté à côte et peuvent se montrer leurs jeux sans communiquer d’aucune autre façon.

On utilise un jeu de 32 cartes (ou de 36 pour les joueurs old-school), semblable à celui qu’on utilise au piquet. La hiérarchie en diffère cependant légèrement : l’As est bien la plus forte des cartes numérales mais il est moins fort que les figures, ce qui nous donne, pour chaque couleur, du plus fort au plus faible : Roi, Dame, Valet, As, Dix, Neuf, Huit, Sept, (Six).

On donne et on joue de la gauche vers la droite. Une fois qu’on a déterminé qui donnera, les cartes sont distribuées par deux et trois, de façon que chaque joueur ait cinq cartes. Une fois que tous sont servis, le donneur retourne la carte suivante qu’il place sur le talon. C’est la couleur de cette carte qui détermine la couleur de la triomphe. Une carte de cette couleur battra donc n’importe quelles cartes des autres couleurs et remportera la levée à moins qu’une triomphe plus forte soit jouée.

Le premier joueur choisit une carte qu’il abat sur la table, chaque joueur à son tour joue de manière à respecter les règles suivantes :

  1. on fournit la couleur demandée par le premier joueur si on en a
  2. on joue une carte plus forte dans la couleur demandée que celles déjà jouées ou bien on coupe avec une triomphe, plus forte que celles éventuellement déjà jouée ; autrement dit, lorsqu’on le peut on joue une carte capable de remporter le pli au moment présent.
  3. si on n’a pas la couleur demandée ni triomphe, on se défausse d’une autre carte

Quand toutes les cartes sont jouées, le camp qui a remporté 3 ou 4 levées marque 1 jeu. Si un camp remporte les 5 levées, c’est 2 jeux qu’il marque. Si un des camps après avoir reçu ses cartes estime qu’il ne peut remporter le coup, il peut proposer de l’abandonner et concède immédiatement 1 jeu. Par contre si le camp adverse refuse et oblige à jouer, il s’engage à faire la vole : remporter les 5 levées ; s’il n’y parvenait pas, il perdrait 2 jeux.

Le camp qui marque le premier 5 jeux gagne la partie.

variantes :

  • On peut jouer à la triomphe de la façon exposée ci-dessus en jouant non plus par équipes mais individuellement. Si au cours d’un coup deux joueurs ont gagné 2 levées, c’est celui qui les a gagnées le premier qui marque 1 jeu.
  • L’As qui pille : la hiérarchie des cartes est légèrement modifiée : l’As devenant plus fort que le Roi. Ici aussi on joue individuellement. Si le donneur au moment de déterminer la couleur de la triomphe retourne un As, il peut le prendre et laisser à la place sous le talon une des cartes qu’il a en main. Il retourne ensuite la carte suivante du talon, si elle est de la même couleur que l’as, il peut également s’en emparer contre une carte de son jeu et ainsi de suite. Si le donneur ne retourne pas un As mais qu’un des joueurs a en main l’as de la couleur retournée, il peut agir comme précédemment : échanger la retourne contre une de ses cartes et de même si les cartes suivantes sont de la même couleur. Notez que la triomphe est bien déterminée par la première carte retournée.
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